A quoi servent les boîtes noires, désormais obligatoires dans les voitures ?

lesgardiensdelaroute13 Par Le 15/05/2022 0

Dans LA REVUE DE PRESSE

les gardiens de la route

Depuis ce dimanche 1er mai 2022, toutes les voitures neuves devront être équipées d'enregistreurs de données  d'événements.

Des boîtes noires, qui posent question. Vous la connaissiez dans les avions, vous découvrirez sa petite sœur dans nos voitures. Depuis le 1er mai 2022, les  constructeurs automobiles sont obligés, dans les voitures neuves, d’intégrer un enregistreur de données  d’événement. Cette mesure sera pleinement applicable en juillet. 

En 2024, tous les véhicules mis en vente sur le marché de l’occasion devront aussi être équipés de ce dispositif voté par  le Parlement européen en avril 2019. 

Dans les faits, ce sont des boîtes noires qui vont collecter des données intrinsèques au véhicule. Données qui doivent  permettre d’améliorer la sécurité routière, sauf que son efficacité est déjà contestée. 

Comment ça fonctionne 

Vous ne la verrez pas, cette petite boîte, et elle, ne vous écoutera pas. 

« Les données que les enregistreurs sont capables d’enregistrer et de mémoriser en ce qui concerne l’intervalle de  temps peu avant, pendant et immédiatement après une collision comprennent la vitesse du véhicule, le freinage, la  position et l’inclinaison du véhicule sur la route, l’état et le taux d’activation de tous ses systèmes de sécurité », précise  le règlement européen en matière de sécurité des véhicules. 

Pas question, donc, d’écouter ce qu’il se passe dans l’habitacle, les conversations entre les passagers ou encore les  phénomènes extérieurs. 

Non, « elle ne prend en compte que les données intrinsèques au véhicule », souligne Anne Lavaud, déléguée générale  de l’association Prévention routière, contactée par actu.fr. Des données récupérées seulement en cas d’accident. Anne Lavaud, Déléguée générale de Prévention routière : « Cela ne peut jamais aller au-delà de 40 secondes  de données. 30 secondes avant un choc, et 10 secondes après. Les données s'écrasent au fur et à mesure. » À qui vont servir les données collectées ? 

Les données collectées vont être réutilisées, mais à qui vont-elles être utiles ? Aux associations de prévention ? Non, car  ces statistiques récoltées ne disent rien sur le comportement du conducteur. 

« Pour nous, l’important aurait été d’avoir des informations GPS, pour localiser ou encore l’heure, pour avoir des  circonstances de météo et de luminosité », détaille Anne Lavaud. « Avec des données plus longues aussi, il aurait été  possible d’avoir des informations complémentaires, si par exemple il y avait eu des coups de frein intempestifs  auparavant. » 

Anne Lavaud, Déléguée générale de Prévention routière : «Sur le comportement du conducteur, on n'y est pas» Un constat partagé par Pierre Chasseray, délégué général de 40 millions d’automobilistes, association qui défend les  conducteurs : « Ça ne sert à rien. C’est une énorme bêtise, les données des accidents vont être biaisées : on ne connaît  pas le facteur déclenchant. Incapable de dire s’il y a un dépassement, le téléphone ou encore un refus de priorité. Ces  boîtes noires ne collectent qu’une donnée : la vitesse. » 

Dans les faits, Anne Lavaud reconnaît que cela va servir aux constructeurs « qui vont pouvoir travailler sur les points de  sécurité embarquée dans les voitures ». 

La Fédération française de l’assurance, joint par actu.fr, précise que les pouvoirs publics vont pouvoir exploiter les  données collectées afin de mettre en place des mesures. Les données ne serviront pas aux assureurs, pour augmenter  ou non leurs prix, précise France Assurance après que plusieurs rumeurs ont circulé à ce sujet. « Ça va coûter cher… » 

40 millions d’automobilistes alerte aussi sur le coût que pourrait représenter l’installation de ces dispositifs. « Sur les véhicules neufs, ce sera minime, puisque les constructeurs produisent en série », commence Pierre  Chasseray. 

Pierre Chasseray, Délégué général 40 millions d'automobilistes : « En 2024, tous les véhicules d'occasion  seront concernés. Cela va coûter cher, des centaines d'euros, pour de l'inutile. » 

Inutile, car l’association estime que cela ne servira à rien en matière de sécurité routière, « dans la mesure où  l’enregistreur ne fait que recueillir des données (exploitables uniquement en cas de choc) sans permettre aucune action  préventive pour éviter l’accident. » 

Allez plus loin 

L’association Prévention routière estime qu’il faut aller plus loin. « Nous demandons des éthylotests antidémarrage ». Anne Lavaud, Déléguée générale de Prévention routière : « Le dispositif a fait ses preuves dans les lestransports  de personnes » 

En juillet prochain, les véhicules seront équipés en série seulement d’une prise pour brancher un éthylotest  antidémarrage. « Une petite avancée, quand on sait que de 30 % des morts sur la route sont liés à l’alcool… »

 

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