Corridor de sécurité. De nouveaux panneaux en test sur les autoroutes

lesgardiensdelaroute13 Par Le 06/05/2022 0

Dans LA REVUE DE PRESSE

les gardiens de la route

Face à l'ignorance persistante des automobilistes sur les "corridors de sécurité", des séries de panneaux  explicatifs vont être testés durant trois ans sur le réseau autoroutier. L'enjeu : en finir avec les risques de  collision qui menacent les véhicules stationnés sur la bande d'arrêt d'urgence. 

Voilà déjà près de quatre ans que le "corridor de sécurité" est entré dans le code de la route. Et pourtant cette mesure  qui oblige un conducteur à quitter la file de droite quand un véhicule est stationné sur la bande d’arrêt d’urgence d’une  autoroute ou d’une voie express est très peu respectée, car largement ignorée. 

Les corridors de sécurité doivent permettre de sécuriser les patrouilleurs...... et les automobilistes lorsqu'ils sont en  panne ou interviennent sur la bande d'arrêt d'urgence. 

La règlementation est pourtant précise. Selon l'article R. 412-11-1 du 19 septembre 2018, « Lorsqu'un véhicule équipé  des feux spéciaux [un véhicule de secours ou un patrouilleur] ou tout autre véhicule dont le conducteur fait usage de ses  feux de détresse (…) est immobilisé ou circule à faible allure sur un accotement ou une bande d'arrêt d'urgence, tout  conducteur circulant sur le bord droit de la chaussée doit à son approche réduire sa vitesse (…) et changer de voie de  circulation après s'être assuré qu'il peut le faire sans danger. » 

Au cas où le changement de voie n'est pas réalisable parce que la file de gauche est occupée, « le conducteur doit  s'éloigner le plus possible du véhicule en demeurant dans sa voie. » Même comportement à adopter quand un véhicule  est immobilisé ou circule à faible allure sur une chaussée ou sur une voie de circulation adjacente. A défaut, 

Le fait, pour tout conducteur, de contrevenir aux dispositions du présent article est puni de l'amende prévue  pour les contraventions de la quatrième classe (135 €, minoré à 90 €)“ 

Un accident tous les trois jours !

Vu la difficulté de sanctionner, les sociétés d’autoroute ont jusqu’ici préféré multiplier les campagnes de sensibilisation sur le sujet, leurs personnels d’intervention étant particulièrement concernés par ce risque. En 2020, sur les 131  accidents dont ils ont été victimes, un sur quatre a en effet eu lieu sur la bande d'arrêt d’urgence.  Le dernier en date ne remonte pas plus tard que le 5 avril dernier quand un patrouilleur de l’A9 a été  mortellement percuté par un camion.3 

Les campagnes d’affichage n’ayant pas l’impact espéré, Vinci Autoroutes passe aujourd’hui à la vitesse supérieure en  lançant sous le contrôle des autorités une vaste opération de sensibilisation à l’aide de panneaux pédagogiques  implantés sur différents sites de son réseau. Ceux-ci s’inspirent de ceux qui incitaient il y a quelques années à contrôler  soi-même sa distance de sécurité. Rappelez-vous le fameux "un trait : danger ; deux traits : sécurité". 

Deux séries de trois panneaux placés sur sept sites 

Le nouveau dispositif expérimental est implanté sur sept sections très passantes du vaste réseau Vinci à l’aide de deux  séries de trois grands panneaux (3,5 x 3m). Sur une variante figure un véhicule de secours arrêté sur la bande d’arrêt  d’urgence ; sur l’autre un poids lourd. 

Avec la nouvelle expérimentation lancée aujourd'hui, les messages ont un peu évolué comme visible ci-dessus. 

Les trois panneaux, espacés tous les 300 mètres, indiquent chacun un message différent : le premier informe l’usager de  la voie de droite qu’il doit ralentir ; le deuxième qu’il doit mettre son clignotant et changer de voie (si possible) ; le  troisième qu’il s’agit de la règle du corridor de sécurité. 

Ces séries de panneaux se trouvent sur le réseau des Autoroutes du Sud de la France (ASF) sur : 

- l’A7 dans les Bouches-du-Rhône après l’échangeur n°26 Sénas (sens sud/nord, PR 218, section à 2×3 voies), - l'A7, au sud de Lyon après la barrière de péage de Vienne (sens nord/sud, PR 9, section à 2×3 voies) - l'A10, en Gironde, après la barrière de péage de Virsac (sens sud/nord, PR 523, section à 2×2 voies) - l’A62 avant le péage de Saint-Selve (sens nord/sud, PR 12, section à 2×2 voies) ; 

- l’A63, dans les Landes, après l’échangeur n°7 d’Ondres (sens nord/sud, PR 169 (section à 2x3 voies). Sur le réseau Cofiroute : 

- au début de l’A11 dans les Yvelines après l’échangeur 1 d’Ablis (sens nord/sud, PR 38, section à 2×3 voies). Sur le réseau Escota : 

- sur l’A8 dans les Bouches-du-Rhône, après l’échangeur A8/A52 (sens ouest/est, PR 34, section à 2x3 voies). Trois études pour en mesurer l’impact 

Cette expérimentation fait l’objet en parallèle d’une vaste évaluation à travers trois études différentes qui seront menées  au cours des trois années à venir. 

- Une étude d’impact à travers le Baromètre de la Fondation d’entreprise Vinci Autoroute, dont la périodicité  permettra d’évaluer l’évolution de la connaissance de la règle du corridor de sécurité. 

- Une étude de l’évolution du comportement des usagers réalisée par le Cerema (un établissement public sous  tutelle du ministère de la Transition écologique) grâce à des observations de terrain. Elles seront effectuées à  partir d’une simulation d’intervention avec véhicule de secours arrêté sur la bande d’arrêt d’urgence avec ses  feux spéciaux en marche, ainsi qu’à partir d’une simulation de véhicule banalisé arrêté avec ses feux de  détresse allumés. « L’objectif est d’évaluer le taux de conducteurs appliquant les règles du corridor de sécurité  et d’estimer l’impact des panneaux de signalisation expérimentaux sur le comportement des usagers », précise  un arrêté paru au Journal officiel le 5 avril dernier. « Il est prévu d’effectuer ces évaluations à proximité des  panneaux testés ainsi qu’à une distance de plusieurs kilomètres. (…) Les indicateurs d’évaluation porteront sur  la qualification des trajectoires des usagers, en particulier ceux circulant sur la voie de droite et sur les vitesses  pratiquées au droit du véhicule arrêté. » 

- Enfin une enquête de compréhension. Un panel d’usagers sera interrogé soit directement sur des aires  d’autoroutes situées en aval des sites équipés des nouveaux panneaux, soit par questionnaire en ligne auprès  des abonnés. 

Le suivi de cette expérimentation donnera lieu à l’établissement d’un rapport final d’évaluation début 2025. Si le bilan est  positif et a effectivement permis qu’une majorité de conducteurs respectent les corridors de sécurité, on pourra alors  s’attendre à une généralisation de ces panneaux de sensibilisation sur tout le territoire. 

 

 

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