Voici pourquoi les jeunes prennent le plus de risques

lesgardiensdelaroute13 Par Le 25/03/2022 0

Dans LA REVUE DE PRESSE

les gardiens de la route

En février 2022, 38 jeunes âgés de 18 à 24 ans ont perdu la vie sur la route. Une hausse de 4 % par rapport à la même période l'an dernier, selon les derniers chiffres publiés par la Sécurité routière mardi 15 mars. Une étude sociologique, rendue publique ce mercredi, s'est intéressée au rapport des jeunes à la voiture.

Et pour cause : s'ils ne représentent que 8 % de la population française, les jeunes âgés de 18 à 24 ans constituent la classe d'âge la plus exposée aux accidents de route, indique cette étude relayée par Le Parisien. Fatigue, portable au volant, insouciance du Code de la route… plusieurs comportements expliquent cette explosion accrue au danger et, de même, la hausse de la mortalité routière constatée par rapport à l'année passée. Alors qu’en France 27 % de la population utilise le téléphone portable en conduisant, ce chiffre est beaucoup plus fort et alarmant chez les jeunes. Près d'un jeune sur deux utilise son portable au volant En effet, 46 % des personnes âgées entre 15 et 24 ans affirment envoyer des mails ou des textos au volant. Avec le développement des réseaux sociaux (Instagram, Snapchat, WhatsApp…), cette pratique est devenue de plus en plus fréquente. «Même au volant, ils ont un besoin irrépressible de répondre à un appel mais aussi à un SMS ou une notification pour rester en lien avec leur communauté sur les réseaux sociaux», déplore Bernadette Moreau, déléguée générale de la Fondation Vinci Autoroute. Selon une autre enquête datant de 2020, 10 % des accidents graves seraient imputables à l’utilisation du téléphone portable en conduisant. Hormis l’utilisation du smartphone au volant, la somnolence constitue, elle aussi, une des premières causes de mortalité sur la route chez les jeunes. Le rythme de sommeil chez ces derniers est «non respecté». Résultat : cela peut influencer leur capacité à faire face à la fatigue quand ils font un long trajet. « lls ont pourtant l’impression – fausse – qu’ils peuvent tenir six ou sept heures de suite sans jamais s’arrêter», constate David Le Breton, professeur de sociologie à l'université de Strasbourg, dans cette étude relayée par la Fondation Vinci Autoroute. Un sentiment de «toute puissance» chez les garçons Cette même étude souligne que les jeunes, et plus particulièrement les jeunes hommes, ont aussi tendance à rouler plus vite que les conducteurs «un peu plus expérimentés et plus conscients du danger». «Il y a, notamment chez les garçons, le désir de montrer qu’ils sont des virtuoses de la route. Comme s’ils étaient dans un fantasme de toute puissance, ils ont le sentiment que la mort, c’est pour les autres. C’est ce qui pousse certains à doubler rageusement dans des endroits dangereux, à pousser sur l’accélérateur quand ils sont en retard, à rouler vite sur des routes de montagne ou à griller un feu rouge la nuit s’il n’y a personne», estime David Le Breton, «Certains jeunes ont non seulement l’impression de tout contrôler mais le sentiment que certaines règles du Code de la route ne sont que des formalités qui ne servent à rien», regrette-t-il. Un sens de la responsabilité accru chez les filles D’après le sociologue, les filles ont à l'inverse plus de conscience du danger que les garçons. Il constate que la conduite représente chez eux une sorte d'affirmation de leur virilité. L’irrespect du Code de la route serait, dit-il, une manière «d’afficher que vous êtes un vrai mec qui ne se laisse par intimider par la loi». Les filles ont, elles, généralement davantage le sens de la responsabilité que les garçons. En définitive, les garçons feraient bien de s'inspirer des conductrices. Ils risqueraient également beaucoup moins d’avoir «un accident que s’ils sont accompagnés car ils vont vouloir montrer aux autres qu’il en ont, qu’ils sont trop forts», explique le Pr David Le Breton

 

  • Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire

Anti-spam